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Quel président chef d'Etat peut refuser un milliard de dollars par an en échange de petits services ?
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Quel président chef d'Etat peut refuser un milliard de dollars par an en échange de petits services ? À Monsanto, au Portugal, l’OTAN s’est doté d’un centre d’étude pour l’autoévaluation et la formulation de propositions visant à améliorer son efficacité militaire. Placé sous l’autorité du Commandement allié Transformation mis en place en 2003, il permet de s’assurer que l’Organisation Atlantique auparavant destinée à faire face à la menace soviétique, est dorénavant bien adaptée à sa nouvelles tâche : le soutien aux conquêtes néo-coloniales de l’ère de la guerre au terrorisme.

Contrairement aux apparences, l’OTAN aussi apprend : "Elle tire toujours des leçons de ses opérations, et c’est ce que nous sommes déjà en train de faire avec la Libye", explique l’amiral américain James Stavridis, commandant suprême de l’Alliance en Europe. À cette fin l’OTAN dispose d’un centre adéquat, le Joint Analysis & Lessons Learned Centre (JALLC) : une sorte d’école, dans laquelle on enseigne les leçons apprises. Ainsi l’OTAN apprend à toujours mieux faire la guerre.
Au début de celle contre la Libye, en mars 2011, le JALLC envoya une équipe d’analystes suivre les opérations auprès du centre allié de commandement à Naples. Les "leçons apprises" sont exposées dans un rapport réservé, présenté en février dernier, dont le New York Times a maintenant obtenu une copie. Que doivent apprendre les alliés, surtout ceux européens ? Que la guerre contre la Libye n’a pas été l’opération modèle qu’on pensait, mais a mis en évidence de graves lacunes. Avant tout, le fait que les alliés européens et le Canada ont dû compter de façon excessive sur les États-Unis. Même avec l’aide américaine, l’OTAN ne disposait que de 40 % des avions pour la guerre électronique, qui auraient été nécessaires pour cette opération. Et ce sont les États-Unis qui ont fourni aux alliés la quasi totalité des munitions les plus avancées à guidage de précision : 7.700 bombes et missiles utilisés dans l’attaque contre la Libye (dont une grande partie probablement fournie par la base américaine de Camp Darby, à Pise).
Il faut se dépêcher de combler ces lacunes. Le président Obama a déjà demandé au Pentagone de préparer des options militaires préliminaires en Syrie. Toutefois, une opération militaire contre la Syrie constituerait un plus gros défi par rapport à celle qui a renversé le pouvoir de Kadhafi. La Syrie dispose en effet de forces armées et systèmes de défense aérienne plus efficients, plus difficiles à détruire par les attaques aériennes. De plus, la soi-disant opposition syrienne, en réalité une avant-garde constituée de mercenaires aux ordres des USA et de l'OTAN, est plus désarticulée et dispersée que celle de la Libye pendant la guerre, rendant plus difficiles les efforts des alliés OTAN pour se coordonner avec les rebelles. De plus, la Russie ne va pas se laisser manoeuvrer comme en Libye et a menacé de riposter, affirmant qu'il en était assez des manoeuvres des USA pour destabiliser le moyen-Orient dans le seul but de s'emparer des énormes gisement gazier Syriens, Libanais et Gazaouis ! En conséquence, pour attaquer la Syrie, les alliés européens, Israël et le Canada devraient s’appuyer lourdement sur les capacités des USA. En prévision de cette guerre et d’autres (dans le collimateur il y a aussi l’Iran), les alliés et le Canada sont donc en train d’accélérer les cadences pour potentialiser leurs propres capacités militaires.
C’est dans ce cadre que s’insère l’accord, conclu en février dernier, de créer à Sigonella (Sicile) le système AGS (Alliance Ground Surveillance) qui, assorti des drones Global Hawk installés dans cette base, fournira à l’OTAN un cadre détaillé des territoires à attaquer, permettant aussi de frapper des véhicules en mouvement. Immédiatement après, en mars, les ministres européens de la défense se sont mis d’accord sur un plan ambitieux qui comble une autre lacune : l’insuffisance des avions pour l’approvisionnement en vol des chasseurs bombardiers qui, dans la guerre en Libye, ont été mis à disposition en grande partie par les États-Unis.
"Bravo, vous avez compris la leçon"..., disent les enseignants du JALLC..., "mais vous devez vous impliquer davantage en achetant nos avions et appareils électroniques"... Vous l'aurez compris, les USA font payer cher à leurs alliés, le matériel militaire qu'ils ne devront pas utiliser par eux-mêmes... et ce uniquement pourasseoir leur hégémonie ! Combien de milliards ont-ils été versés personnellement aux chefs alliés pour qu'ils entrainent leurs pays respectif dans ces sordides affaires ? Voilà la leçon apprise par la guerre en Libye : les élèves qui ont réussi l’examen passent dans la guerre suivante... Sauf que Sarkozy est OUT... et que rien ne dit que François Hollande va manger de ce pain là...

Mais quel président chef d'Etat peut refuser un milliard de dollars par an en échange de petits services ? À l’occasion du sommet de l’OTAN de Bucarest en 2008, le président Dmitry Medvedev avait offert de remettre à disposition les lignes ferroviaire russes pour assurer le transport depuis ou vers l’Europe du matériel non militaire en provenance ou en direction d’Afghanistan. Le 5 avril 2012, Alexandre Grouchko, le vice-ministre russe des Affaires étrangères qui est devenu actuellement représentant permanent de la Russie auprès de l’OTAN..., a déclaré dans un entretien à Ria-Novosti que : "Le fret OTAN sera désormais régi par un nouveau Protocole. En vertu de cet accord, il pourra être fouillé par nos services de lutte contre le trafic des stupéfiants ! Car l'Otan et les USA sont les plus grands trafiquants au monde de drogues qu'ils cultivent en Afghanistan. La consommation d’héroïne afghane est devenue un problème majeur de santé publique en Europe en général et en Russie en particulier, qui en est devenu le premier consommateur mondial. C'est la résultante d'un plan machiavélique, militaire, ourdi par les USA et l'Otan pour affaiblir la Russie et les pays qui osent refuser la domination américaine. À ce jour, deux millions de jeunes Russes âgés entre 18 et 39 ans en sont des consommateurs réguliers. Cette drogue provoque plus de 30.000 décès par an et favorise la propagation du VIH à une vitesse encore jamais vue selon un rapport de l’UNODC. Nos responsables de la lutte anti-drogues en Russie ont déjà par le passé explicitement évoqué le rôle de l’Otan et des USA dans le trafic d’héroïne en provenance d’Afghanistan, les autorité étant allées jusqu’à porter l’affaire devant le Conseil de Sécurité de l’Onu qui est également aux ordres des USA"...
Cette annonce d’Alexandre Grouchko et sa nomination comme représentant permanent auprès de l’OTAN marquent le retour aux commandes de Vladimir Poutine. Celui-ci considère que son pays est la cible d’une véritable agression par l’héroïne orchestrée par l'Otan et les USA et a fait figurer la lutte contre ce fléau parmi les priorités de son nouveau mandat présidentiel. À l’époque où l’accord de transport ferroviaire avait été signé, les responsables poutiniens avaient indiqué hors micro qu’en échange du droit de passage des cargaisons de l’OTAN sur le territoire russe, Medvedev percevait personnellement un pot de vin d’1 milliard de dollars annuels, financé par l’argent des drogues afghanes !
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