2010 Antas Faralli & Mazzanti...
2010 Antas Faralli & Mazzanti...
Cettte étrange auto bleue, sorte de Nautilus du bitume, l'Antas de Faralli & Mazzanti, laisse perplexe depuis la présentation du prototype en 2006, mais elle continue à faire son petit effet en réel, autant qu’en photo..., mais là où l’image flatte, le concret déçoit un peu.




Cette baleine de l’asphalte..., lors de sa première présentation en 2006, était certes mue par un V8 Maserati, mais il s’agissait d’un moteur de…1966.
Etonnifiant !
Les courbes d’aluminium de cette Faralli&Mazzanti recouvraient en fait une Maserati Quattroporte de 1966... et la simple ouverture du capot moteur laissait échapper au travers d’une batterie de carburateurs, des effluves d’huile et d’essence (aujourd’hui inconnues) provennant d'un bloc V8 4L7 de 310 chevaux. 
Le chiffre de 300.000 euros que j’avais cru entendre valoir ce prototype, en ces temps lointains, m'avait toutefois laissé dubitatif sur la précision et la qualité de mon audition.
En effet, il n'était que de regarder l'entourage des phares de cet engin, pour constater que la découpe de carrosserie n'épousait pas parfaitement la circonférence des feux..., tandis que la forme du pare-brise dénotait un emprunt grotesque de la lunette arrière d'une antique américaine des sixties...
Toujours est-il que strictement personne n'a acheté d'Antas V8 !
Messieurs Faralli et Mazzanti, après 4 ans à tourner en rond dans divers shows sans recevoir la moindre commande, ont modifé leur prototype dans l'espoir, cette fois, d'attiter une clientèle nombreuse...



Une équipe composée de 6 personnes, plutôt jeunes, a été engagée pour y oeuvrer à moindres frais et salaires, toujours sous l’enseigne "F&M" désignant Walter Faralli et Luca Mazzanti.
Leur savoir faire dans le travail de l’aluminium et leur goût des anciennes ne leur a pas donné l’idée de transcender le design originel de l’Antas V8 (Antas signifie aigle dans le langage Toscan ancien), qui est resté quasi inchangé !
Pour être sincère, dès le départ en 2006, le dessin manquait d’homogénéité et de simplicité, trahissant une immaturité peu compréhensible pour la carrosserie F&M, jusque-là réputée pour ses restaurations de voitures anciennes.
Le travail et la philosophie du projet, auraient toutefois mérité d’être salués même si je me demandais comment un tel engin pouvait rentabiliser une entreprise.



Mi-2010, l'Antas était pourtant de retour, avec de nouveaux accessoires et quelques améliorations, ainsi qu'un grand nombre de dégradations esthétiques...
En vrac, je cite : calandre positivement redessinée..., échappements latéraux inutilement différents..., aileron arrière grotesque, jantes OZ inadéquates...
Qui plus est..., elle n'est plus dénommée Antas V8 mais simplement Antas... et elle a toujours le même moteur V8 Maserati péché (oui mon fils, tu as péché...) sur une Quattroporte première génération...
La Maserati Quattroporte (ceci est une généralité), fut la première berline du constructeur au Trident, son code usine était le numéro "107".
Dessinée par le carrossier Pietro Frua, elle est apparue en 1963.



Equipée dans un premier temps d'un moteur Maserati V8 de 4,2 litres développant 260 cv, qui lui permettait d'atteindre 230 km/h de vitesse maxi, elle était disponible avec une
boîte de vitesses manuelle à cinq rapports ou bien une boîte automatique à trois rapports...
En 1966, Maserati a étoffé sa gamme en ajoutant une version équipée d'un moteur de 4,7 litres développant 290 cv.
La première série sera fabriquée à 260 exemplaires jusqu'en 1966, date de lancement de la Quattroporte2... qui sera produite à 516 exemplaires jusqu'en 1970.



Les techniciens de F&M proposent maintenant, dans l'espoir d'attirer un max de clients (gag !), d'aller au delà de la motorisation Maserati et d'oser adapter leur dessin (leur carrosserie), à n'importe quelle voiture donneuse qu'un client voudra bien leur apporter.
De fait, le moteur pourrait ainsi différer selon le modèle à transformer, pour autant que la "voiture donneuse" dispose d'un moteur avant et soit une propulsion...
Par exemple : Ferrari, Aston Martin, Jaguar, Corvette... m'a-t-on dit....
Outre le fait d'avoir enfin des chaussures modernes à ses pieds grâce à un partenariat avec la fabrique de jantes OZ et le facturier de pneumatiques Continental, l'Antas version 2010, reçoit un package carbone comprenant en vrac, des bas de caisses, une lèvre avant de spoiler, des échappement, des tours de vitres et des rétros noirs..., mais également un aileron qui vient alourdir un peu plus la ligne... et dont la fibre de carbone qui le compose à la particularité d'être... bleue.
Sinon, une ligne d'accessoires a été créée comme une valise, assortie à l'auto, frappée au nom du propriétaire... ou encore une petite malette dans laquelle le propriétaire trouvera tout l'album photo de la construction de son auto, en sus d'une farde détaillée en documents divers (factures comprises).



F&M a besoin de 10 mois pour construire une auto.
Je rappelle qu'elle est en aluminium martelé à la main comme les carrosseries des années 30, mais avec des ajouts en carbone !
La production maximale devrait être d'environ 3 voitures par an.
Pour l'instant, les rêveurs utopiques de F&M n'en auraient vendu réellement qu'une..., mais ont reçu 3 promesses d'achat !
Malgré mon insistance, impossible de savoir sur quelle base seront construites ces "autres" qui sont en cours de négociation.
A 400.000 euros le morceau (prix minimun m'a t'on dit..., il était de 300.000 euros en 2006), sans la voiture donneuse, vous allez me dire qu'on ne va pas se lancer dans la construction de dizaines de milliers d'exemplaires de cette Antas... et vous aurez raison de me le dire...
Pour certains, c'est une chance, pour d'autres, non...



Avec sa livrée bleu métal, l'Antas Faralli & Mazzanti inspire à la fois respect et crainte, c'est qu'elle a de quoi affoler les chronos et les Multinova avec son V8 de 4L7..., mais elle pourrait s'avérer un gouffre financier, alors que sa valeur en occasion devrait donner l'assurance à son mâle heureux propriétaire, de perdre au moins 80% de son non-investissement ! 
Le relifting de la Maserati Quatroporte de 1966 qui a servi de voiture "donneuse", lui a fait perdre son style des années soixante, ses 4 portes et son intérieur d'une autre époque..., elle a ainsi acquit un certain charme surrané qui oscille entre deux styles sans opter pour aucun....
Elle démarre grâce à un bouton Start dans un vrombissement de grande amplitude.
Contrairement au scorpion, elle ne crache pas son venin par la queue..., elle dégorge via des échappements latéraux qui contribuent à une surchauffe de l'habitacle...
D'autres soucis attendent les inconscients, l'Antas V8 Faralli & Mazzanti est en effet restée scotchée en pleine circulation après une accélération fulgurante !



En ville, le ronronnement du 8 cylindres est plutôt assourdissant.
Une fois sur un terrain plus propice à son caractère, on jouit alors d’un concert pleinement enthousiasmant où l’on entend littéralement les explosions sous le capot avant parfaitement relayées par l’échappement.
Un vrai rugissement de monstre féroce.
La route libérée (un peu), j'ai pu appuyer à fond sur la pédale de droite pour m’offrir un moment d’extrême allégresse ponctué d'explosions diverses, dont une particulièrement fut fatale au moteur, écourtant mon calvaire !
Les sensations vécues avant cet épisode, étaient telles que ma vue s'est troublée par autant de puissance propulsée d’un seul coup, le passage de 0 à 100 km/h s’effectuant en 4,85 secondes.
Bref, elle n'a pas manqué pas de motricité mais de longévité...
D’ailleurs, la belle Italienne a vaillament parcouru son dernier kilomètre départ arrêté en 23 secondes nettes… 



Avant de vivre ces péripéties, je suis passé par l'Allemagne et ses portions d’autoroutes sans limitation de vitesse (j'avais conclu un accord pour la déposer quelques jours avant le salon d'Essen de fin novembre 2010), ce fut l’occasion d’approcher la vitesse maximale annoncée de 290 km/h.
Sur les nationales sinueuses, j'ai pu apprécier le châssis construit en tôles très résistantes avec une structure tubulaire intégrée à l'arrière servant de support aux suspensions et à la boîte, et, à l'avant servant de support aux suspensions et au moteur.
Les irrégularités de la route se ressentaient..., mais, en même temps, cela lui offrait des vitesses d'aéroglisseur fou en courbes extrêmes... (double sens) !
Dès lors, le parcours sur Autobahn à des vitesses inavouables s’est déroulé dans le stress, absolument pas rassuré par une tenue de cap louvoyante..., même en virage (gag !).
Seuls les freins à quatre disques ventilés et ajourés sont restés fidèles lorsqu’il s’est agit de ralentir vivement pour entamer ma sortie, l’ABS et l’EBD veillaient heureusement au grain. 

 


Outre une finition luxueuse avec un cuir épais et des surpiqûres de grande classe, cette voiture a l’énorme avantage d’accueillir quatre adultes dont deux nains à l'arrière, toutes les supercars ne peuvent pas en dire autant.
D’ailleurs, les sièges antérieurs sont fixes pour obliger à garder la forme via diverses contorsions à l'arrière..., la souffrance vertébrale en résultant étant par la suite amplifiée par la suspension ne camouflant pas les irrégularités des routes.
Heureusement, le coffre est un peu juste pour partir en week-end à quatre, mais à deux, ça va à moitié... (gag !)... 
Enfin, les passages au ravitaillement sont "mortels".
Le réservoir contient 80 litres d’Eurosuper qui se vident aussi rapidement que défilent les kilomètres.
Pensez donc, la consommation moyenne mixte est de 18,6 litres mais en s’amusant un peu on approche facilement les 30 litres.
On taira les valeurs de CO2 émises au km car on pourrait risquer des représailles…
J'en reste là...




Pour revoir le prototype ; 2006 Antas V8 Faralli & Mazzanti...
[:fouine 206 hdi quik] 
www.ChromesFlammes.com
 
www.LesAutomobilesExtraordinaires.com      
www.GatsbyOnline.com